par Jean-Louis Brêteau, diacre
Le 2 février, comme chaque année, nous fêterons la Chandeleur, la Présentation du Seigneur Jésus au Temple. En commentant pour les jeunes rassemblés autour de lui ce quatrième Mystère Joyeux du chapelet, Saint Jean Paul II leur déclarait : « Apportez des bases solides et sûres à la construction de l’édifice de votre vie ; n’ayez pas peur de l’engagement et du sacrifice qui exigent aujourd’hui un grand investissement de forces, mais qui sont la garantie du succès de demain. Découvrez la vérité sur vous-mêmes, et de nouveaux horizons ne cesseront de s’ouvrir à vous ». En présentant Jésus au Père dans le Temple de Jérusalem, Joseph et Marie pressentaient que la vie de ce petit enfant serait pleine de lumière, comme l’adoration des bergers et des mages à Bethléem le leur avait bien montré, mais aussi que de grandes épreuves l’attendaient, auxquelles ils n’échapperaient pas eux-mêmes. Syméon, en les bénissant tous deux, n’avait-il pas prophétisé à la jeune mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, — et toi-même, une épée te transpercera l’âme ! — afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs » (Luc 2, 34-35).
Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que la célébration de la Présentation soit la fête des consacrés : moines, moniales, religieux et religieuses. Les trois vœux que chacun ou chacune prononce solennellement : chasteté, pauvreté, obéissance, exigent à l’évidence de nombreux efforts et sacrifices tout au long de leur vie, mais ils savent aussi ce que le Seigneur leur a promis, comme à toute son Église, avant de remonter vers son Père : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin de l’âge » (Mt 28, 19-20).
Dans la paroisse de Muret, nous avons des consacrées, nos sœurs du Carmel, qui accueillaient le dimanche 18 janvier dernier les reliques de l’une de leurs éminentes consœurs, Sainte Élisabeth de la Trinité, et nos trois prêtres clarétains, les Pères Raymundo, Romuald et Robert. Ce dernier, le Père Robert Essougou, est arrivé dans la paroisse tout récemment, le 17 décembre. Né au Cameroun en 1977, il a ressenti l’appel du Seigneur à vivre comme Missionnaire Fils du Cœur Immaculé de la Sainte Vierge Marie. Il a prononcé ses vœux simples en 2005, ses vœux solennels en 2011, puis s’est préparé au Sacerdoce dans son pays. Il a été ordonné diacre en 2012 puis prêtre l’année suivante. Ses supérieurs l’ont d’abord envoyé en mission dans son propre pays, puis en Europe, et plus spécifiquement en France : d’abord à Marseille, puis pendant six ans à Narbonne. En juin dernier il a été appelé, après le décès du Père Rémy Messanga, à venir à Muret. C’est donc après quelques brèves semaines de service en Espagne qu’il est arrivé dans notre ville.
L’exemple des consacrés et consacrées est aussi un rappel pour chacun et chacune d’entre nous. Lors de notre baptême, nous avons été proclamés « prêtres, prophètes et rois » à la suite du Christ, ayant été plongés dans sa mort, pour ressusciter avec Lui. Le sacerdoce universel des fidèles est, bien sûr, distinct du sacerdoce ministériel, mais, comme le déclarait magnifiquement Saint Augustin, dont notre Pape Léon XIV est un fils : « Si ce que je suis pour vous m’épouvante, ce que je suis avec vous me rassure. Pour vous, en effet, je suis l’évêque ; avec vous je suis chrétien. Évêque, c’est le titre d’une charge qu’on assume ; chrétien, c’est le nom de la grâce qu’on reçoit. Titre périlleux, nom salutaire » (Saint Augustin, Sermon 340, 1, cité en Lumen Gentium 32, Constitution dogmatique sur l’Église du Concile Vatican II).
La fidélité à notre vocation nous est demandée à chacun et chacune, qu’elle soit dans le célibat ou dans le mariage. Chacun et chacune d’entre nous est appelé à être « disciple missionnaire », comme cela nous est rappelé par l’Église depuis déjà de nombreuses années.
Être un témoin fidèle, quelle que soit notre charge, n’est pas facile ; nous connaissons trop bien nos failles ou nos péchés. Mais nous savons que Lui, Jésus est « l’Amen, le Témoin Fidèle et vrai, le Principe de la création de Dieu » (Ap 3, 14), et que sa grâce ne nous fera jamais défaut, si nous la lui demandons humblement.
Nous savons aussi que nous pouvons compter sur l’assistance et la prière de tous les anges et de tous les saints, et tout particulièrement sur celles de la « Toute Pure », la Bienheureuse Vierge Marie que nous célébrerons une fois encore le 11 février, jour de sa première apparition à Sainte Bernadette.
Notre Dame de Lourdes, priez pour nous !

